Norvège : revenus et nos impôts rendus publics

Si l’on parle aujourd’hui d’open data comme un phénomène nouveau c’est que la pratique a été remise au goût du jour avec l’engouement du traitement des données liées à la production et au traitement en masse de celles-ci.

Les pays nordiques sont parmi les premiers à ouvrir une partie de leurs données et ceux depuis 1766 pour la Suéde avec son « offentlighetsprincipen) permettant aux habitants de faire une demande d’accès aux documents publics, ce qui inclus un nombre important d’informations sur leurs concitoyens comme les salaires ou les déclarations fiscales. En Norvège, l’ouverte de certaines données des citoyens (nom, profession, revenus,  actifs et les impôts municipaux) est une pratique vieille du XIXe siècle. Elle a été adopté lors de la rédaction de Constitution du pays en mai 1814 à la suite de l’indépendance de ce pays. L’une des autres explications réside dans le fait que les pays nordiques soient des pays protestants cherchant à favoriser la transparence tout en encourageant chacun à payer la part d’impôt demandée. Le fait de pouvoir vérifier que chaque citoyen paye une part d’impôt juste, dépendant des revenus, donne un sentiment d’égalité et de justice de tous face à la redevance. En 2001, la Norvège modernise ce service et propose à chacun d’accéder aux données fiscales directement depuis Internet. D’après Thor Olav Thoresen, chercheur au Bureau de statistique SSB, une des conséquences indirectes fut d’inciter les mauvais payeurs à se régulariser comme le montre l’augmentation des recettes publiques d’environ 500 millions de couronnes (plus de 56 millions d’euros) par an depuis sa mise en place. L’un des autres effets positifs de cette pratique est la mise en place de réflexions autour de diverses inégalités telles les disparités salariales entre hommes et femmes et d’inciter à contrôler les disparités salariales entre patrons et salariés. Pour éviter des dérapages tels du voyeurisme, des gardes fous existent comme une identification obligatoire du demandeur et une notification avec la personne demandeuse aux personnes dont l’on consulte le dossier. Sont dispensés de ces contraintes les journalistes du fait que cette base publique apporte une source documentée à leurs recherches.

L’Open Data apparaît comme un facteur de bonne santé pour les démocraties avec davantage de transparence à la clef. Ces ouvertures de données donnent un sentiment de confiance des citoyens en leurs élus et diminuent la corruption des pays. Ainsi il n’est pas étonnant de voir dans le classement des pays selon la perception de la corruption réalisée depuis 1995 par l’ONG « Transparency International » les pays nordiques à de bonnes places. La Norvège est à la cinquième place, précédée par le Danemark (1er), la Nouvelle-Zélande (2e), la Finlande (3e) et la Suède (4e).

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