Smart Cities, l’avenir local de l’Open Data

Définition

La Smart City – ou ville intelligente en français – désigne selon wikipedia¹ « une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. »

Mise en place

La mise en place de la ville intelligente nécessite la création d’un écosystème structuré rassemblant les élus politiques, des associations, les citoyens, agents de la ville et les entreprises locales mais également des entreprises maitrisant les infrastrutures logiciel (IBM, Schneider Electric, Thales). Ce réseau est un préalable permettant de définir les besoins actuels et futurs de la ville, permet de collecter des données via des capteurs ou la société civile, et de gérer efficacement toutes ces données pour fournir tous les services dont ce prévaut la Smart City. Ces services intelligents sont essentiellement regroupés autour de quatre pilliers que sont :

  • Les programmes de construction prévoyant de mutualiser certains espaces et de répartir intéligemment en favorisant des batiements basses consommation et respectant des normes environnementales.
  • L’aménagement du territoire avec l’installation sur les batiments et espaces publics tout une batterie d’objets connectés générant en continue des données sur la qualité de l’eau, de l’air, les températures, durées d’ensoleillement, traffic routier …
  • Traitement des données produites afin de créer ensuite des informations utiles aux prises aux constructions des politiques de la ville ainsi que de mettre en place de nouveaux services et une optimisation des services existants. Un traitement efficace  des données permet de faire des économies par une meilleure gestion des investissements et des budgets alloués.
  • Exploitation des structures amélioré. La ville peut mieux gérer ses missions prioritaire telle la gestion des déchets et des différents réseaux (eau, electricité, transports en communs, télécommunications …). La gestion de l’electricité par le projet Grid expliqué plus tard donne une démonstration d’une gestion intelligente des systèmes d’éclairage public.

Les données étant -selon le principe de l’open data appliqué aux villes de plus de 3500 habitants- libres d’être utilisées par tous, elle participent à attirer des développeurs et des sociétés ayant besoin de données pour développer leurs activités commerciale ou de nouveaux services. L’Open Data est par conséquent un important vecteur d’attractivité pour les territoires.

Exemples d’application à travers Rennes.

La Metropole de Rennes devient l’une des villes pionières du pilotage énergétique intelligent en s’impliquant dans l’expérience « SmartGrid » et est d’ailleurs récompensée pour cela par le SIATI (Somment Infrastructure, Aménagement du Territoire et Immoblier). Cette expérience vise à développer la production d’énergie verte à l’aide de panneaux photovoltaïques pour alimenter le territoire local (écoles, entreprises, particuliers …) et est innovante en cherchant la meilleur efficiance entre production et consommation de l’énergie.
Ceci n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres comme l’exploitation de nombreux données publiques utilisées par Rennes Métropole à travers son portail data.rennesmetropole.fr mais aussi par des acteurs privés tel « Data BZH » ou encore « City Velo » dont l’application renseigne en temps réel le nombre de vélos empruntés à chaques stations vélo star.

Obstacles à la Smart City

Open Data et Smart City sont intimement liés car l’un dépend de l’autre et ils rencontres les mêmes problèmatiques c’est pourquoi ces deux sujets peuvent difficilement être traiter séparément. L’un des principaux frein aujourd’hui au développent de la ville intelligente est la multiplication des formats de données qui de fait bloque l’exploitation efficace de ces mêmes données. Rien que pour les données de transport, il existe une multitude de données entre celles qui sont fournies par les sociétés de transport, les communes et les différents formats utilisés par chacun (allant du pdf, au csv en passant par toutes les données produites par les différents logiciels propriétaires). Il y a quelques règles à respecter si l’on veut que le développement de l’open data et de son penchant smart city soit possible rapidement en s’intéressant au format, à la structure des données et aux méthodes de distribution.

Format : Les producteurs de données sont vivement encouragés à fournir des jeux de données sous format .csv (lisibles aussi bien par les systèmes informatiques que de l’homme). L’idée générale est de fournir un fichier facilement accèssible en proposant différents formats utilisables par les machines et les utilisateurs sans devoir passer par des logiciels onéreux. Le format d’origine est important mais un export dans plusieurs formats garanti un accès durable aux données en prenant en compte la possibilité d’obsolécence à venir de certains formats.

Structure des données : Les structures classiques des données sont sous formes tabulaire (formé de colonnes et de rangées, comme sous le tableur excel). Il existe comme autre forme les données hierarchiques qui représente les relations entre différents élements (comme les arbres généalogiques ou la hierarchie au sein d’une entreprise … souvent sous le format .json) ou encore les structures de réseau tel la représentaton des réseaux sociaux de type Facebook ou Linkedin.
Lorsque l’on parle de structure des données, on doit également parler du nettoyage des données qui sont nécessaire pour enlever les éléments parasites ainsi que les données permettant d’identifier des personnes.

Network
Représentation d’une structure en réseau source³ : europeandataportal.eu

Méthode de distribution : Il est nécessaire de s’interroger sur la taille du fichier mis à disposition, la régularité de sa mise à jour, le nom (et sa structure), s’il s’agit de données à un instant T ou d’un flux de données (par exemple utilisés pour les informations de transport).

L’une des problèmatiques que soulève l’open data et les smart city réside dans les difficultés d’accès à ces technologies et aux financements nécessaires pour leurs mises en place.  Si ces problèmatiques ne sont pas résolus, les villes de petites et moyennes tailles et les zones rurales risquent de perdre une partie de leur attractivité aux profits de ville plus importantes, aggravant une fois de plus les inégalités entre les populations de ces différentes collectivités.

Comment surmonter ces obstacles ?

Principalement en suivant les recommandations d’Etalab dont la mission est de coordonner la politique d’ouverture et de partage des données publiques (« open data ») et de l’association OpenData France dont la mission est de regrouper et soutenir les collectivités dans leur passage à l’opendata. Les obligations d’ouverture des données pour les communes de plus de 3500 habitants pose des problèmes que ces entités tentent de résoudre en encourageant la mise en place de normes communes, de standards connus et utilisés par tous.

Création de poles régionaux.

La création de pôle régionaux tel des sociétés publiques locales permettrait de mutualiser les différents capitaux (financiers, techniques, juridiques, humains …) et de permettre à d’appliquer les principes de la smart city à davantage de collectivités. Ces nouveaux pôle régionaux doivent être compléter par les différentes structures publiques que sont la SGMAP, SGET, Mission d’appui pour le financement des infrastructures, l’institut ville durable …

Tous ces éléments sont également appuyer par le « Rapport d’information fait au nom de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation sur les nouvelles technologies au service de la modernisation des territoires, par MM. Jacques MÉZARD et Philippe MOUILLER » tous les deux Sénateurs. Ce rapport rappel l’importance pour les pouvoir public de veiller à aider tous les territoires dans leur transition numérique par une couverture intégrale des territoires (mise en place de la fibre optique, antennes 4G, transmission Li-Fi) et des formations adaptés aux acteurs territoriaux et aux habitants.

 

Le cas « Rennes grid »

Lors du concours national SIATI (Sommet infrastructures, aménagement du territoire et immobilier) édition 2015, la Métropole rennaise s’était distinguée pour son projet smart grid nommé « Rennesgrid ».

Le « smart grids⁴  » sont des réseaux électriques intelligents reposant sur l’utilisation des données récoltés par des capteurs. Ces réseaux permettent de mieux distribuer l’électricité et favoriser l’efficacité énergétique. Les besoins des consommateurs sont connus en temps réel, sur les différentes parties du réseau pour permettre d’optimiser en amont la production et le stockage de l’énergie selon l’offre et la demande.

Ce projet développé par Schneider Electric consiste à mettre en place sur le territoire du Ker Lann, à Bruz, un site de production d’énergie  à l’aide de panneaux photovoltaiques sur des résidences étudiantes, écoles ou entreprises du secteur tertiaire. Entre 8 et 15% de l’énergie est habituellement perdue lors du transport entre les lieux de production et de consommation de l’électricité. Partant de ce constat, le projet RennesGrid prévoit que les sites de production soint également les premiers consommateurs de  cette énergie verte produite localement. En plus d’être équipé de 7 000 à 10 000 m2 de panneaux solaires sur les batiments et sur les parkings du campus, les batiments de l’expérimentation sont également équipé de capteurs et d’équipements intelligent permettant de contrôler le plus justement la consommation d’énergie.

Cet exemple est parlant du fait qu’il s’agit en France de la création d’un modèle inédit mettant en collaboration de nombreux acteurs publics et privés (Schneider Electric, Caisse des dépots et consignations, ENS, Enedis, ERDF, Enercoop, Ecoorigin, Langua Solution, la métropole rennaise et la ville de Bruz). Si cette expérience s’avère concluante, elle pourra être dupliqué sur de nombreux autres sites. Les avantages de l’autoconsommation et de la maitrise de sa production/consommation permettent une meilleure gestion du réseau et des coûts y afférant. Ce projet est porté de 2017 (étude de faisabilité) à 2036 pour la production/consommation de cette énergie verte.

Rennes, terrain d’exploration IoT

Le projet Rennes Grid ne serait pas possible sans la volonté des élus de mettre en place un nouvel écosystème permettant à la ville de se muer en ville inteligente sur un temps moyen et long. Cette volonté politique est complété par un environnement technique favorable ainsi que l’évolution de la législation. L’évolution rapide des IoT (Internet of Things ou « Internet des objets » en français) accèlére les possibilités des villes notamment en terme de transition écologique. Le Smart Grid n’est pas le seul type de projets inclus dans la Smart City. Il est rejoint par d’autres initiatives nécessitant moins d’investissements et étant tout aussi important pour le développement de la cité. Parmi ces projets l’on retrouve des recensements de données fournies directement par les citoyens à l’aide de capteurs distribués ou tout simplement à l’aide de la réutilisation des données captées par les smartphones (sous autorisation des utilisateurs et sans atteindre la vie privée).

Le Projet Ambassad’Air

La ville de Rennes c’est associée avec la Maison du Consommateur et de l’Environnement (MCE) pour la création d’une base de données en open data sur la qualité de l’air dans les différents quartiers de Rennes.

Le projet Ambassad’Air fait partie de ces projets melant action citoyenne et récolte des données pour aider l’action publique dans ses choix à venir. Ce projet animé par Jacques Le Letty de la MCE entre octobre 2016 et fin mars 2017, consistait à fournir des capteurs de pollution à une vingtaine de familles des quartiers du Blosnes et de Villejean.  Les relevés des données sont consultables en accès libre, gratuitement, par tous, sur le site internet « Aircasting » dédié . Elles ont permis de compléter les données récoltées par l’acteur publique en charge de la qualité de l’air, Air Breiz pour la région Bretagne. Attention, malgré la formation des testeurs à l’utilisation des capteurs, les données récoltées sont à prendre avec des pincettes à cause des perturbations qui ont pu altérer les résultats comme le vent, des avaries électroniques, la pluie …)

Autre projet : OpenBioBlitz dont l’objectif est de permettre la contribution et la compréhension des citoyens pour le rassemblement des données de biodiversité lors d’un « BioBlitz ».

¹ https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_intelligente
² http://www.rennes-atalante.fr/actualites-technopole/actualites-de-la-technopole/blog/rennesgrid-premier-demonstrateur-smartgrid-sur-rennes-atalante-ker-lann.html
³ https://www.europeandataportal.eu/elearning/fr/module9/#/id/co-01
https://fr.wikipedia.org/wiki/Smart_grid
http://www.wiki-rennes.fr/Air_Breizh

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Le pouvoir du crowdsourcing

Le Crowdsourcing au service de la transparence publique

Le crowdsourcing ou production participative est une des possibilités souvent utilisées dans la création de ressources en Open Data. Cela consiste à réaliser grâce à la collaboration d’un grand nombre de personnes plusieurs tâches qu’il serait difficile de réaliser autrement sans engager des ressources importantes (humaines et techniques notamment), comme la réalisation des cartes ouvertes.

Une ouverture de donnée pour plus de transparence publique

Les lois permettant de mettre en place plus de transparence dans les activités publiques des élus de la République sont longues à être décidées et mises en place causant ainsi du mal à la démocratie. La population alertée régulièrement par des articles de presse remarque que de nombreux élus participent à la production du malaise envers la classe politique en cachant des rencontres avec certaines personnalités et lobbyistes ou en employant des personnes de leur entourage direct. De plus les sommes alloués aux frais de fonctionnement des élus étaient versés sans demande de justificatif, ce qui fait partie des éléments remis en cause dans la loi en train d’être écrite sur la « Moralisation de la vie publique ». Pour aider la mise en place davantage de transparence dans la vie publique, des associations veillent à la mise en place d’outils permettant de mettre en open data certaines données. En 2014, l’association Regards Citoyens fait un appel pour que les citoyens traitent manuellement les déclarations d’intérêts remplis par les 920 parlementaires.

Création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)

La Haute Autorité créée en 2014 à la suite de l’affaire de fraude fiscale du ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Jérôme Cahuzac. Celle-ci à la charge de recevoir, contrôler, avec l’administration fiscale, et publier les déclarations de situation patrimoniale et les déclarations d’intérêts de certains élus, membres du gouvernement, collaborateurs et dirigeants d’organismes publics. L’HATVP a aussi un devoir de conseils envers les élus qui le désirent en répondant aux questions de déontologie et de conflit d’intérêts relatifs à l’exercice de leur fonction. L’HATVP faisant partie des Autorités Administratives Indépendantes (AAI), elle peut faire le choix de faire d’émettre des recommandations si elle l’estime nécessaire.

Lobbyng associatif pour plus de transparence

Suite à la création de cette nouvelle autorité, l’ensemble des parlementaires a dû faire leur déclaration d’intérêts et les mettre à disposition. L’ensemble des dépositions ont donc été faites sur papier puis scannées et laissées en accès libre. Pour pouvoir rendre utilisable l’ensemble de ces données non informatisées, Regard Citoyen a lancé un appel auquel ont répondus près de 8000 personnes pour lire chacune des déclarations et pouvoir les remettre à disposition au grand public, dans des formats ne nécessitant pas l’achat de logiciels propriétaires. Résultat : En une semaine les bénévoles ont réussi à créer une base de données ouverte, permettant de créer de l’information participant à la transparence de la vie publique. Voici quelques exemples de ces constatations :

Dans le premier exemple sont consignés les informations que les parlementaires ont remplies :

stats-neant.png

Le second tableau s’intéresse lui au nombre de collaborateurs des parlementaires et a permis la création d’un annuaire des 3000 personnes ayant (en 2014) le statut d’assistant parlementaire.

stats-collaborateurs.png

L’ensemble des lois de transparence ont pour but de rapprocher les citoyens de leurs élus en mettant à la lumière certains éléments comme des conflits d’intérêts entre les activités publiques et privées.

Actions contre la corruption

Ce type d’avancement inscrit dans la loi doit permettre à terme la réduction des risques de corruption. L’ONG Transparency International publie chaque année son indice de perception de la corruption. Celui-ci est établi en agrégeant des données d’enquêtes collectées par 12 institutions indépendantes, telles que la Banque mondiale ou encore le Forum Économique Mondial. Pour l’année 2016, la France était classée à la 23e position dans ce classement. Pour rendre cette donnée plus palpable, Transparency International France a créé une carte de France où elle fait apparaître l’ensemble des décisions de justice liées à la corruption, identifiées par des bénévoles à partir de la presse, par manque de base publique.
Cette carte est accessible sur https://www.visualiserlacorruption.fr/.

Carte de corruption Bretagne.png

Exemple des informations répertoriées sur cette carte collaborative :

En cliquant sur un point près de Rennes, l’on obtient par exemple la condamnation du laboratoire Biorance, pour « le versement de commissions et pots-de-vin à une trentaine d’infirmières libérales, pour que ces dernières adressent prioritairement leurs patients dans ses laboratoires d’analyses médicales depuis 2007 ». Figure sur chaque fiche une description succincte avec les principaux faits reprochés, date de condamnation, date et lieu, montant du préjudice, etc. ainsi que les références de ces informations.

Les systèmes de cartographie en Open Data

La cartographie Open Street Map

Le projet OpenStreetData est un exemple parfait de ce que l’on peut faire à partir de l’Open Data, notamment car c’est un projet concret réunissant le monde de l’open source en partie initiateur de l’open data moderne. Ce projet réunit à la fois de nombreux contributeurs particuliers, associations et des entreprises. OpenStreetMap est utilisé chaque jour par des millions de personnes grâce à la mise à disposition gratuitement de nombreux fonds de cartes adaptés à différentes situations spécifiques (cartes topographiques, cartes à fort contraste pour faciliter les impressions…)

Les fonds de carte

OpenStreetMap est riche de par son modèle ouvert permettant la création de fonds de carte sans cesse amélioré par une communauté riche définie par différents acteurs très différents, composé entre autres d’associations, d’écoles, de particuliers et d’entreprises, qui vont pouvoir être utilisateurs ET contributeurs d’open streep map. Un fond de carte est la carte « neutre » sur laquelle vont être ensuite superposées les données à afficher. Selon des besoins très différents, l’on va avoir besoin de cartes très différentes avec la mise en valeur de certains éléments plutôt que d’autres, le fond de carte n’étant qu’une des représentations de la réalité. Certains vont avoir besoin de cartes avec images satellites quand d’autres préféreront des cartes avec moins de détails permettant de mieux se déplacer. D’autres fonds affichent la topographie des terrains, la profondeur des océans, certains points d’intérêts comme les stations-service. OpenStreetMap (OSM) est un projet intéressant, car chaque contributeur peut apporter son aide dans la constitution de fonds de carte ouverte à l’ensemble de la communauté et qui pourra ensuite être réutilisée et remodifiée. Ces modifications entrent dans un processus complexe de vérification permettant aux cartes de rester utilisable face à certains contributeurs qui pourraient volontairement ou involontairement ajouter de fausses informations. Une partie des fonds de carte utilisés par OSM provient directement de la contribution de l’État via le cadastre mis à disposition par la DGFiP sur cadastre.gouv.fr.

Les données à saisir

Exemple sur le territoire rennais : OSM35
L’association locale rennaise organise régulièrement des Hackatons dans le but d’enrichir les cartes thématiques créées depuis plusieurs années. La participation des nombreux bénévoles permet d’enrichir les données des cartes et de les rendre les plus utiles possible pour l’ensemble de la communauté. On parle de cartes construites POUR et PAR ses contributeurs, au service du plus grand nombre et réutilisables, car le projet reste sur la licence ODbL, licence qui impose un partage à l’identique avec la mention obligatoire d’attribution « les contributeurs d’OpenStreetMap sous licence ODbL ».

Les projets OSM35

Open Street Map 35 travail en partenariat avec plusieurs autres associations dans et hors la MCE (Maison de la Consommation et de l’Environnement, située à Rennes) sur un important projet qui se nomme la « Carte Ouverte » sur laquelle se situe un fond de carte OSM auquel l’on ajoute plusieurs catégories à afficher. Toutes les indications ont pour point commun de mettre en avant les initiatives locales pour permettre la réduction de l’empreinte écologique sur les territoires du pays de Rennes et de l’agglomération vitréenne. Un des objectifs secondaires est également de faire connaître les logiciels libres à de nouveaux utilisateurs et leur permettre de cartographier précisément le territoire sur un fond de carte libre.

Carte Ouverte Illustrée.jpg

La « Carte Ouverte » est donc une carte en ligne thématique, ouverte à tous et offrant un service d’information sur toutes les initiatives écologiques remplaçant de fait une partie du travail que pourrait avoir à faire la métropole rennaise. Sur la partie technique, l’association a préféré mettre au point son propre logiciel « Editeur » de cartes personnalisées adaptée à son besoin de construction participative et associative.

Fonctionnement OpenStreetMap

Le fonctionnement technique simplifié d’OpenStreetMap correspond à ce schéma :

Fichier 1

 

Les changements apportés sur les nombreux fonds de carte par les différentes communautés sont tous vérifiés et validés grâce à toute une série d’outils spécifiques à différents domaines analysant la cohérence globale des données. Nous pouvons notamment citer :

  • Osmose (Open Street Map Oversight Search Engine) permet de faire des analyses de données, cherche les tags abandonnés…
  • Keep Right ! : Liste les erreurs de cohérence des données

Attention : Certaines cartes risquent de comporter des erreurs, notamment à la suite de travaux routiers, changement de signalisations, etc. … pouvant rendre obsolètes certaines cartes.

Des cartes éphémères

L’autre avantage de ce système de cartes en open source, reposant sur des données open data (ou données de « Bien Commun ») est qu’il est prévu pour être accessible même pour des personnes n’ayant pas de formation spécifique et qu’avec un peu de connaissance, il est tout à fait possible de créer des cartes rapidement et spécifiques pour certains évènements comme l’organisation d’un festival. L’autre avantage des éditeurs de données est qu’ils permettent souvent aux contributeurs d’ajouter eux-mêmes leurs propres icônes permettant ainsi de donner à la fois une grande liberté d’action aux créateurs des « surcouches de cartes » ainsi que des informations pertinentes aux usagers de celles-ci.

OSM Lagny (094).pngFigure 1 Village Alternatiba de Lagny sur Marne (094)

Utilisation des cartes comme moyen de data-visualisation

Les systèmes de cartes en open data permettent également un usage simple et rapide pour permettre de visualiser des données et de rendre interactif cet usage. C’est ainsi que des journaux tels le télégramme arrive à illustrer une donnée compliquée de manière simple sur des sujets aussi compliqués que les subventions accordées en Bretagne, avec mise à disposition des tableurs permettant la création de cette carte.

Subventions bretagnes.pngFigure 2 http://bit.ly/2x5X8Xk

Cartes avec accès aux flux de données 

Transports Rennes développée par Yan Bonnel

À Rennes, l’application « Transports Rennes » développée par Yan Bonnel utilise à la fois des fonds de cartes propriétaire comme ceux de Google Maps et une surcouche d’informations permettant de trouver les stations de vélos en libre-service près de soi ou dans la ville, avec le nombre de vélos utilisés, ceux disponibles et quels sont les stations acceptant un moyen de paiement. Cette application et toutes celles qui le désirent obtiennent en temps réel ces informations grâce à l’ouverture via une API à un flux de données en continu depuis les serveurs de hébergeant ces informations à ceux de l’application. Cette logique est continue avec l’ensemble du réseau de transport rennais, c’est à dire les bus et train avec leurs horaires sans oublier les places de parking mis en autopartage. Cette fois-ci bien que la carte soit propriétaire, l’application ne pourrait pas fonctionner sans le flux de données en accès libre donnant la position de charge transport en commun pour faciliter la vie de chacun.

 

Norvège : revenus et nos impôts rendus publics

Si l’on parle aujourd’hui d’open data comme un phénomène nouveau c’est que la pratique a été remise au goût du jour avec l’engouement du traitement des données liées à la production et au traitement en masse de celles-ci.

Les pays nordiques sont parmi les premiers à ouvrir une partie de leurs données et ceux depuis 1766 pour la Suéde avec son « offentlighetsprincipen) permettant aux habitants de faire une demande d’accès aux documents publics, ce qui inclus un nombre important d’informations sur leurs concitoyens comme les salaires ou les déclarations fiscales. En Norvège, l’ouverte de certaines données des citoyens (nom, profession, revenus,  actifs et les impôts municipaux) est une pratique vieille du XIXe siècle. Elle a été adopté lors de la rédaction de Constitution du pays en mai 1814 à la suite de l’indépendance de ce pays. L’une des autres explications réside dans le fait que les pays nordiques soient des pays protestants cherchant à favoriser la transparence tout en encourageant chacun à payer la part d’impôt demandée. Le fait de pouvoir vérifier que chaque citoyen paye une part d’impôt juste, dépendant des revenus, donne un sentiment d’égalité et de justice de tous face à la redevance. En 2001, la Norvège modernise ce service et propose à chacun d’accéder aux données fiscales directement depuis Internet. D’après Thor Olav Thoresen, chercheur au Bureau de statistique SSB, une des conséquences indirectes fut d’inciter les mauvais payeurs à se régulariser comme le montre l’augmentation des recettes publiques d’environ 500 millions de couronnes (plus de 56 millions d’euros) par an depuis sa mise en place. L’un des autres effets positifs de cette pratique est la mise en place de réflexions autour de diverses inégalités telles les disparités salariales entre hommes et femmes et d’inciter à contrôler les disparités salariales entre patrons et salariés. Pour éviter des dérapages tels du voyeurisme, des gardes fous existent comme une identification obligatoire du demandeur et une notification avec la personne demandeuse aux personnes dont l’on consulte le dossier. Sont dispensés de ces contraintes les journalistes du fait que cette base publique apporte une source documentée à leurs recherches.

L’Open Data apparaît comme un facteur de bonne santé pour les démocraties avec davantage de transparence à la clef. Ces ouvertures de données donnent un sentiment de confiance des citoyens en leurs élus et diminuent la corruption des pays. Ainsi il n’est pas étonnant de voir dans le classement des pays selon la perception de la corruption réalisée depuis 1995 par l’ONG « Transparency International » les pays nordiques à de bonnes places. La Norvège est à la cinquième place, précédée par le Danemark (1er), la Nouvelle-Zélande (2e), la Finlande (3e) et la Suède (4e).

Rennes, IoT et projets citoyen

La ville de Rennes participe à de nombreux projets open data mettant en liens la ville avec des associations comme cela est le cas avec la Maison du Consommateur et de l’Environnement (MCE).

Le projet Ambassad’Air fait partie de ces projets melant action citoyenne et récolte des données pour aider l’action publique dans ses choix à venir. Ce projet animé par Jacques Le Letty de la MCE a consisté à fournir, entre octobre 2016 et fin mars 2017, à une vingtaine de famille dans les quartiers du Blosnes et de Villejean des capteurs d’air afin de mesurer les emissions de particules fines. Les relevés des données sont consultables en accès libre, gratuitement, par tous, sur le site internet « Aircasting » dédié . Elles ont permis de compléter les données récoltées par l’acteur publique en charge de la qualité de l’air, Air Breiz pour la région Bretagne. Attention, malgré la formation des testeurs à l’utilisation des capteurs, les données récoltées sont à prendre avec des pincettes à cause des perturbations qui ont pu altérer les résultats comme le vent, des avaries électroniques, la pluie …)

Autre projet : OpenBioBlitz dont l’objectif est de permettre la contribution et la compréhension des citoyens pour le rassemblement des données de biodiversité lors d’un BioBlitz

 

http://www.wiki-rennes.fr/Air_Breizh

Rennes, Smart City

Emmanuel Couët, président de Rennes métropole, prédit la création d’un millier d’emplois annuels dans le secteur du numérique avec l’obtention en 2014 par le Mabilay du prestigieux label de la French Tech et l’installation d’entreprises du numérique. Concernant la technopole de Rennes Atalante, ce sont près de 70 % d’entreprises travaillant dans le secteur du numérique ce qui représente plus de 200 entreprises et près de 15000 salariés. L’ensemble de ces entreprises constituent pour la métropole de Rennes un incroyable terreau d’innovation, permettant d’obtenir une place de choix dans la France et l’Europe à venir.

Pour permettre à ce projet de se concrétiser, les élus locaux soutiennent toutes les initiatives publiques comme privées pour la transition numérique en cours sur le territoire local. Depuis la loi numérique que nous verrons dans une autre partie et dont l’application débutera à partir d’octobre 2018 sur l’ensemble du territoire, l’ouverture des données «par défaut» sera obligatoire dans les collectivités de plus de 3500 habitants. La richesse et la diversité des acteurs locaux permettent dès 2012 la création du collectif «Open Data Rennes» dont le but est de réunir «développeurs, graphistes, journalistes, citoyens intéressés, porteurs d’idées et de projets, acteurs de la collectivité» et de leur faire découvrir l’open data. Cette promotion de l’OD a pour but de permettre son développement rapide afin de donner accès au plus grand nombre aux données récoltées par les services publics et permettre le développement de nouvelles entreprises et de nouveaux services, contenus… L’OP est une richesse, une source que peuvent par exemple exploiter les datajournalistes pour faire de la datavisualisation et redonner un aspect à l’information plus claire et détaillé au lectorat.

Open data, quel avenir ?

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Construction de l’Open Data à venir.

L’Open Data du futur se partagera entre des données publiques produites par les institutions publiques – cadrées juridiquement pour retirer les données a caractères personnelles, données de défense entre autres – et les données partagée par les entreprises et les données co-produites ou améliorées par les utilisateurs eux-mêmes (exemple avec le projet open street map).

Une construction multi-acteurs.

La construction de l’open data passe d’un système propulsé par le législateur, avec une donnée est construite, détenue et partagée depuis l’acteur public à une construction collective regroupant en plus du contributeur historique un nombre croissant d’entreprises, associations, utilisateurs produisant des bases de données de plus en plus riche, diverses et variées, comprenant également des données personnelles.

Le phénomène de crowndsourcing est l’un des coeurs à venir de l’open data avec des exemples déjà bien concret, reprenant le plus souvent des projets open source qui sans cette aide de volontaire ne pourrait pas êtes économiquement viable alors qu’ils sont important pour le développement marchands et non marchand de la société. Les exemples ne manquent pas, de la complétion des cartes OpenStreetMap sur lequel nous reviendrons au recensement des arbres remarquables pour la ville de Rennes pour mettre en valeur le patrimoine local ou encore faire appel aux citoyens dans le cadre de la recherche (ex: piègeage de frelons asiatiques pour les envoyer au CRNS de Tours et aider des chercheurs sur cette problèmatique écologique/économique). Les domaines de crowsourcing ne manquent pas de thématiques.

Différents niveaux d’investissement dans l’open data

En plus du producteur de la donnée, il existe de nombreux autres contributeurs possibles pour enrichir les bases de données et les rendres les plus exacte possible. Les données peuvent être commentée, anotées afin d’afiner leurs appréciations ou corriger des erreurs, l’on peut ajouter un jeu de données qui était jusque là inacessible, maintenir une donnée à jour (un changement de nom de rue, de sens de circulation …) .

Importance du crowdsourcing

Faire appel aux utilisateurs pour enrichir une base de données et répondre aux besoins de tous existe déjà dans les secteurs privés avec l’action des utilisateurs Google Maps pour signaler des erreurs de cartes, sur waze pour signaler des anomalies de circulation. Le fait d’étendre le champs de la participation des citoyens aux données libres est indispensable pour permettre d’avoir des données « propres » qui deviennent des données de confiance pour l’utilisation à des tiers. Dans le Finistère la ville de Plouarzel a fait participer ses habitants lors de « carto-parties » pour créer leur carte sur le modèle OSM et en faire bénéficier l’office du tourisme. Celui-ci a réussi à capter des données qu’il lui aurait été impossible de constituer et permet de faire profiter les touristes de ces informations sans que la donnée soit bloqué, privé et réutilisable pour tous types d’usages.